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  • Robin REDA

Engagement contre le bruit et pour le droit à la vie calme - ma Tribune dans le JDD

Dernière mise à jour : 28 nov. 2022


Notre société est saturée de bruits. Alors que la loi reconnaît depuis 2019 le droit de chacun à vivre dans un environnement sonore sain, le chemin à parcourir est encore long pour passer du constat aux actes. Les Français qui souffrent quotidiennement des nuisances sonores ne peuvent plus attendre.


Dans un pays à fleur de peau, l’avion qui décolle, les rodéos motorisés, le brouhaha de l’open-space ou les voisins indélicats sont autant d’irritants qui chaque jour menacent notre santé et notre cohésion sociale. La dernière étude du Conseil national du bruit et de l’ADEME évalue le coût du bruit pour la société à plus de 147 milliards d’euros par an*. Entre les troubles de l’apprentissage à l’école, les maladies professionnelles et les pertes de productivité liées au stress sonore ou encore la dépréciation immobilière des habitations exposées au bruit, plus de 25 millions de Français sont victimes d’une pollution insupportable et trop souvent passée sous silence.


Protéger nos concitoyens contre les bruits indésirables qui finissent par détruire leur santé psychique et physique doit figurer parmi nos priorités politiques. Pouvoir renouer avec le silence quand on le souhaite est une condition de l’apaisement dans une vie de tumulte. Il en va plus généralement de l’amélioration de la qualité de vie dans tous nos territoires.


Dans la densité des métropoles qui concentrent les logements, les transports et les activités, garantir des îlots de calme doit être aussi prioritaire que la multiplication des îlots de fraîcheur pour lutter contre le réchauffement climatique. Mais nous devons aussi marier harmonieusement la quiétude de nos territoires ruraux avec la volonté heureuse de décarboner et réindustrialiser le pays : les implantations d’usines de méthanisation, les parcs éoliens ou le bruit sourd des TGV et des autoroutes peuvent plonger des villages entiers dans le désespoir.


Mettre la lutte contre le bruit au rang des priorités de nos politiques nationales et locales, suppose d’aller au-delà des simples constats. Tout comme elle exige d’écarter les solutions simplistes qui nous pousseraient à une forme de confinement sonore. Beaucoup a déjà été fait par l’État, les grandes collectivités et les entreprises pour diagnostiquer et cartographier le bruit dans l’environnement. Il faut encore mieux prendre en compte le bruit dans les documents d’urbanisme des communes et objectiver le niveau sonore avec des outils de mesure de jour et de nuit partout où naissent les tensions.


Chacun perçoit le bruit avec plus ou moins d’agacement selon sa sensibilité, son humeur, la récurrence du phénomène. Aider les élus locaux à concerter au plus près du terrain avec des moyens scientifiques pour dépasser le stade du ressenti permettrait de prévenir et de résorber beaucoup de points noirs du bruit.


Nommer le bruit, c’est déjà chercher à en comprendre les causes et à en reconnaître les conséquences pour notre bien-être. Cela ne peut s’accompagner toutefois que d’une action forte pour tarir les sources de nuisances. Elle concerne l’État dans toutes ses dimensions : sécuritaire, sanitaire, écologique, pour venir en appui des acteurs de terrain. Les solutions sont parfois consubstantielles aux mesures de lutte contre la pollution de l’air : rouler dans un véhicule propre c’est émettre moins de bruit, réduire sa vitesse diminue d’autant la nuisance, mieux isoler les logements protège aussi contre le bruit. S’il le faut, nous pourrions aller jusqu’à sanctionner plus efficacement les émetteurs. Nous aurons à discuter prochainement de la généralisation des radars de bruit expérimentés sur quelques routes de France. D’aucuns réclament aussi des sanctions plus fortes et plus systématiques contre les tapages du quotidien.


Dans une Assemblée nationale où les décibels montent souvent au-delà du supportable, j’ai la conviction que nous pouvons quitter les postures pour travailler ensemble à ce fléau du bruit qui fatigue les Français. Le droit au silence doit quitter le champ du théorique pour devenir du registre du possible. Président du Conseil National du Bruit, je suis convaincu que nous pouvons nous donner une feuille de route ambitieuse et partagée. J’appelle mes collègues à travailler collectivement et sereinement à bâtir la France du calme. À l’heure des violences désinhibées et d’une perte de légitimité des élus trop souvent accusés de ne plus avoir de prise sur le cours des choses, prenons à bras le corps des politiques qui peuvent améliorer vraiment un peu de la vie de nos concitoyens.


Robin REDA

Député Renaissance de l’Essonne

Président du Conseil National du Bruit

Conseiller régional d’Ile-de-France


* https://librairie.ademe.fr/air-et-bruit/4815-cout-social-du-bruit-en-france.html

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